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 Banlieux

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Crapule
coryphée
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MessageSujet: Banlieux   Jeu 23 Juin - 16:40

Cités du silence ? Zones d'omerta ? D'habitude, peut-être. Mais hier, à la cité des 4000, à la Courneuve, c'est un flot de paroles, un torrent pour dire et pour crier le ras-le-bol, la colère, le besoin de respect, qui s'est libéré. Deux à trois mille personnes ont participé à la marche organisée en souvenir de Sidi Ahmed, 11 ans, tué dimanche au pied de son immeuble, la barre Balzac. Probablement, comme l'enquête semble le montrer, d'une balle perdue lors d'une rixe entre voyous.

Déréglé. Dès 16 h 30, des centaines d'hommes et de femmes se sont entassées dans la cour trop petite de l'école où le garçon était scolarisé. Beaucoup de femmes au début. «Je suis arrivée ici à 14 ans. C'était en 1964, on habitait à Alfred-de-Musset, se souvient Fatima. C'était si bien. Il y avait des pieds noirs, des juifs surtout, et nous les Maghrébins. Ils faisaient shabbat, et nous, le dimanche, c'était couscous. Et on partageait tout ça !» Pour elle, tout s'est déréglé «dans les années 80». Il «y a eu du chômage», les commerces ont fermé, des jeunes ont mal tourné. «Maintenant, comme commerces dans la cité, dit-elle, il n'y a plus que des grossistes et des dealers. On les connaît, ils sont pas nombreux. Moi, une ancienne, ils ne m'ont jamais manqué de respect. Mais voilà, ils ont bousillé la cité, la vie de la cité.» Sophie aussi a grandi aux 4 000. Mais elle est plus jeune, 28 ans. Et n'a qu'un désir : «partir, comme tout le monde», dit-elle. «Je ne supporte plus cette tension. Je suis blonde, j'ai la peau claire, alors dès que je suis seule, c'est les insultes, les menaces "on va te faire tourner".» Pourtant, Sophie n'arrête pas d'embrasser les enfants d'autres femmes, elle semble connaître tout le monde. «C'est pas une question de race. On a tous grandi ensemble, les Noirs, les Blancs, les Arabes. Mais le bizness change tout. Les clans se refont. Et la haine aussi. Mais je comprends, je suis comme presque tous les habitants : le 10 ou le 15 du mois, j'ai plus d'argent pour acheter à manger. Alors, on se débrouille...»

Tandis que la marche s'ébranle dans la cité, une chose frappe : hommes, femmes, larges décolletés, boubous, hidjabs, jeans ou djellabas, tout se mêle, tous les âges, aussi, sauf... Sauf qu'il n'y a pas de jeunes. La tranche 18-25 ans, à quelques rares exceptions près, est absente. On peut les voir, pourtant : ils regardent passer le flot, rassemblés au pied des immeubles. Ni hostiles, ni méprisants. Ils regardent, en silence. Slimane, lycéen, défile. «Je ne peux pas vous dire pourquoi ils restent à l'écart puisque moi je suis là. Il doit y avoir un mélange de honte et d'anticonformisme.» Il se reprend : «N'écrivez pas honte !» «Pourquoi ?», demande son camarade. «Oui, on a honte de ces immeubles pourris qui sentent la pisse et la [...], on a honte quand on invite nos oncles... Et quand on demande un boulot, qu'on convient parce qu'on a le diplôme requis, et à un moment, il faut dire qu'on vient des 4000, et là, c'est stop, fini, plus de travail. Là aussi, on a honte. La honte et la rage.» Peu à peu, des ados rejoindront le cortège. Lorsque celui-ci arrivera devant le hall n° 20, après un détour dans le quartier, ils seront très nombreux.

Tollé. Nora, 34 ans, elle aussi est «en colère». Parce que «tout se déglingue, tout part». Elle a toujours vécu ici, y a fait des études, y est devenue mère de famille. «Il y a toujours eu des problèmes, même la drogue, c'est pas nouveau, mais maintenant, on a l'impression d'avoir été abandonnés. Les éducateurs, la police de proximité, les médiateurs, tout ça c'est fini. On étouffe ! J'en veux plus aux pouvoirs publics qu'aux meurtriers.» Comme tout le monde, la visite de Sarkozy, la veille, l'a frappée. «Il vient, comme les journalistes, parce qu'il y a eu un drame. Mais il ne sait donc pas, vous ne savez pas, que la bombe à retardement, elle est allumée depuis longtemps ?»

Son discours viril, «on va nettoyer la cité au Kärcher» a suscité un tollé de réactions à gauche. Dans la cité, ces mots ne choquent pas. Mais personne n'y croit. «C'est un show man, il n'a qu'une idée, la présidence», tempête un groupe de jeunes. Pour preuve, ils parlent en riant de l'opération de police qui a eu lieu en milieu de journée. «Des flics en cagoules, partout... Sauf que la veille, le ministre lui-même avait prévenu. C'est quoi, ça ? Juste du spectacle pour vos caméras.» Un jeune barbu en djellaba, Mourad, dit qu'il a «parlé à Sarko». Il lui a parlé «de dignité». «Ce n'est pas parce que nos cages d'escaliers puent la pisse que nous aussi on pue. On a droit au respect, à la dignité. Venir faire le cirque ici, ce n'est pas nous respecter. Parce qu'il sait très bien que ce n'est pas en mettant quelques patrouilles de plus pendant quelques semaines que la vie va changer.»
liberation

Et ça fais 20 ans que lon reviens aux mêmes constat; leurs seul solution, des flics!!! bavure __

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Koïna
desperados
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Date d'inscription : 11/06/2005

MessageSujet: Re: Banlieux   Mar 16 Aoû - 0:02

Je vis dans une cité, j'y suis arrivé au moment de l'affaire Larbi (meurtre d'un enfant retrouvé dans une poubelle, par un pervert résidiviste) ; j'ai vu la boulangerie brulée,après avoir été défoncée par une voiture-bélier, pour répondre à l'injustice vécu par quelques uns, après l'aquitement d'un mec qui avait tuer un jeune, après une course-poursuite déclanchée par la reconnaisance de la moto du propriétaire, voléé quelques temps au paravent. Mais comparée à d'autres, je ne me sens pas trop en dangée.
Au début j'ai eu des craintes. Celles de me faire emmerder parce que je suis blanche, une femme...mais finalement je ne me fais pas emerdée. Ils restent à peu près correcte, et si j'attend des saloperies quand je passe, je l'igniore, passe mon chemin.

Après l'histoire de la boulangerie, des flics étaient postés dans la cité, à partir de 23/00h, et tournaient la journée de temps en temps. La cité était calme (quelle plaisir!!), la journée comme le soir. Peu d'histoire et d'embrouille. Et ça pendant 8/9 mois.
Depuis l'été derniers, plus de flics, plus de ronde, et beaucoup + de bruit le soir (beaucoup, trop!), + d'embrouilles, de bagarre, de pétards, de course-poursuite, de motos et voitures bruiyantes....
Et de temps en temps, on peu apercevoir des flics à pieds qui tourne, et le poste de police à réouvert.
.......
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Banlieux
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